mercredi 25 février 2009

Si l’Etat ne peut pas nous sauver, alors il nous faut une licence pour imprimer notre propre monnaie

Article de George Monbiot paru le mois dernier dans The Guardian.

Ici la version française (traduit par Questions Critiques), dont je cite quelques extraits:

Dans le roman de Russell Hoban, « Riddley Walker », les descendants de survivants d’un holocauste nucléaire cherchent au milieu des décombres la clé pour retrouver leur civilisation perdue. Ils finissent par être persuadés que la réponse est de réinventer la bombe atomique. Cette histoire m’est revenue à l’esprit lorsque j’ai pris connaissance des nouveaux plans du gouvernement [britannique] pour nous sauver de la crise du crédit. Il a l’intention – aux dépens d’un public estomaqué – de persuader les banques de recommencer à prêter, à des niveaux similaires à ceux de 2007. N’est-ce pas ce qui a déclenché le problème en premier lieu ? Des niveaux insensés de crédit sont-ils réellement la solution à une crise provoquée par des niveaux insensés de crédit ?
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Dans son livre « The Future of Money » [le futur de l’argent], Lietaer fait remarquer – comme l’a fait hier le gouvernement [britannique] – que dans des situations comme celle que nous connaissons actuellement tout s’arrête brusquement à cause de la pénurie de liquidités. Mais il explique également qu’il n’y a aucune raison pour que cet argent doive prendre la forme de la livre sterling ou qu’il soit émis par les banques. L’argent ne consiste qu’à « un accord au sein de la communauté d’utiliser quelque chose comme moyen d’échange ». Ce moyen d’échange pourrait être n’importe quoi, du moment que tous ceux qui l’utilisent ont la certitude que tous les autres en reconnaîtront la valeur. Durant la Grande Dépression, des entreprises aux Etats-Unis ont émis des queues de lapins, des coquillages et des disques de bois comme monnaie, de même que toutes sortes de bons de papier et de jetons de bois. En 1971, Jaime Lerner, le maire de Curitiba au Brésil, a relancé l’économie de sa ville et résolu deux problèmes sociaux majeurs en émettant de la monnaie sous la forme de jetons de bus. Les gens les gagnaient en ramassant et en triant les ordures : nettoyant ainsi les rues et permettant d’effectuer les trajets journaliers pour se rendre au travail. Un tel plan a permis à Curitiba de devenir l’une des villes les plus prospères du Brésil.
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Il entamme ensuite une analyse des monnaies fondantes (cf. Silvio Gesell). Il faut bien préciser ici, que les monnaies complémentaires peuvent prendre plusieurs formes, à chaque monnaies ses propriétés. La monnaie fondante ne doit pas être la seule forme de monnaies complémentaires.

Cependant elle à les avantages de stimuler les échanges et de préserver les ressources naturelles :

Pour décourager les gens de la thésauriser ; il fallait imposer une prime (appelée surestarie), qui a le même effet qu’un intérêt négatif. Le dos de chaque billet devait contenir 12 cases. Pour que le billet reste valable, son détenteur devait acheter un timbre tous les mois et le coller dans l’une des cases. Ce billet serait retiré de la circulation au bout d’un an. Une telle monnaie s’appelle un certificat à timbres : une devise privée qui perd de plus en plus de valeur au fur et à mesure que vous la détenez.
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Ce qui est peut-être plus important, c’est qu’un système de surestarie inverse le problème écologique des taux d’escompte. Si l’on est obligé de payer pour conserver son argent, plus tard l’on reçoit son salaire, plus il a de valeur. Donc, cela a un sens sur le plan économique, en vertu de ce système, d’investir sur le long terme. Alors que les ressources du sous-sol sont un meilleur placement que l’argent déposé à la banque, ce système encourage leur préservation.
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On retrouve plusieurs exemples dans cet article de monnaies fondantes ayant accompli de véritable miracle économique dans des zones sinistrées.

Mais, en 1931, sous la pression de la banque centrale, le ministère des finances mit fin à ce système, avec des conséquences catastrophiques pour les communautés qui en étaient devenues dépendantes. Lietaer fait remarquer que la seule option qui restait pour l’économie allemande était une planification économique centrale impitoyable. Hitler serait-il arrivé au pouvoir si l’on avait permis au Wara et aux autres systèmes similaires de survivre ?
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Des programmes similaires ont démarré en même temps dans des douzaines de pays. La plupart d’entre eux ont été supprimés (un seul, le système WIR de la Suisse, existe toujours), alors que les banques centrales paniquaient à l’idée de perdre leur monopole sur le contrôle de la monnaie. Roosevelt a interdit les devises complémentaires par un décret présidentiel, bien qu’ils eussent pu offrir un moyen plus rapide, meilleur marché et plus efficace que son New Deal pour sortir les Etats-Unis de la Dépression.

D'autant que d'après Roosvelt lui-même, ce n'est pas "le docteur New Deal qui a soigné la grande dépression, mais bien le docteur gagner la guerre"
Alors aujourd'hui quelles leçons en tirer ? Nous nous trouvons dans une situation de dépression similaire à celle des années trente. Devons-nous réappliquer les vieilles recettes de plannification centralisée qui nous méneront tout droit chez le docteur gagner la guerre, ou bien faire sauter les verrous de la banques centrales pour trouver des solutions alternatives plus économiques et plus efficaces.

Bien sûr l'Etat et les banques feront de la résistance, préferant largement conserver leurs pouvoir quitte à nous ammener dans la 4ième guerre mondiale. Il y aura donc une lutte.

Rejoignez-nous pour sauver notre économie.