mercredi 1 octobre 2008

Mondragòn : le cas que l'on n'étudie pas en école de commerce

"Construire le "coopérativisme", ce n'est pas faire le contraire du capitalisme. Comme si ce système n'avait eu aucune utilité... Le coopérativisme doit dépasser ça, et pour cela, doit en assimiler les méthodes et le dynamisme."
José María Arizmendiarrieta


Pour ce prêtre visionnaire, le capitalisme est une force de progrès mais pas une fin en soi. Et il ne faut jamais perdre de vu que le sabbat est fait pour l'Homme et non l'homme pour la Sabbat, ainsi du capitalisme.

Utiliser la force motrice du capitalisme et le dépasser pour replacer l'homme au coeur du système, c'est l'inspiration qui l'a mené à développer le cooperativisme en fondant la MCC - Mondragon Corporacion Cooperativa.

Voila un modèle qui ne semble pas intéresser les école de commerce:

Fondée il y a cinquante ans, par un prêtre (qui n'avait pas fait la majeur entrepreneur d'HEC) et 25 compagnons, le groupe compte aujourd'hui plus de 35000 employées membres.

Très présente dans le secteur, sinistré depuis les années 90, de l'électroménager (penser Moulinex), le groupe a non seulement survécut, mais n'a cessé de croitre et a embauché une dixaine de milliers d'employés dans les 10 dernières années.

Depuis sa création, aucune entreprise du groupe Mondragon n'a eu recours au licenciment.

Depuis cinquante ans d'existence, tout en prennant des
décisions, parfois indispensables, comme le gel des salaires, le groupe a subit le chiffre exorbitant de 0 grèves tout rond (racontez cela au directeurs de Moulinex ...).

Normal, ce sont les ouvriers et employés qui ont pris cette décision. En effet ce groupe est une coopérative en auto-gestion.

Malgré ces performances assez incroyable pour un groupe européen de premier plan, le cas Mondragon n'est que très rarement évoqué en cours d'organisation d'entreprise. Peut-être qu'il ne correspond pas au modèle auquel on souhaite formater les étudiants: le capitalisme, le pouvoir du capital, duquel tous les étudiants doivent devenir de parfaits soldats. Et si d'autres modèles marchaient mieux ? Pas forcement en s'opposant au capitalisme, mais en allant au-delà et en déplaçant le centre de gravité du capital à l'employé, cela risquerait de leur faire se poser des questions sur la légitimité d'un chef imposé par un fond d'investissement.

En effet toutes les société du groupe Mondragon reverse 40% des benefices aux employés (qui ont tous une part du capital de leur entreprise), 50% est réinvesti et 10% est versé pour des oeuvres sociales. On a donc un cas d'école de RSE.

Pour en savoir plus :

Un shema décrivant le modèle de gestion des coop

Les principes de bases

Centre de recherche sur les coopératives

le blog d'un Mondragonnien

Blog Management & Organisation

Conférence de Jacques Prades : Le complexe de Mondragon en question

Un étude sur l'impact du contexte historique et culturel dans l'emergence des coopérative

Une réaction au documentaire d'Arte

Un ouvrage de Pierre Servy Les Coopératives de Mondragon : Une importante réussite industrielle en pays basque espagnol (Broché)

Un article des échos (de 1998) Mondragon : La réussite par l'autogestion

Une étude de la stratégie originale de Mondragon pour répondre aux défis de la globalisation : Créer des emplois à l'étranger pour préserver les emplois locaux

Une étude d'un professeur de science politique de la Western Washington university :
MONDRAGÓN'S ANSWERS TO UTOPIA'S PROBLEMS*

Une étude assez conscise qui rapelle certains principes (en particulier des capitaux de départs)

Encore une étude